IFM intérim : ce que dit réellement le droit sur l’indemnité de fin de mission

L’indemnité de fin de mission (IFM) est prévue par l’article L1251-32 du Code du travail. Elle représente 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission et est versée automatiquement à la fin de tout contrat de mission mené à son terme. Ce guide fait le point sur les droits réels, le calcul, les exceptions et les recours.

L’IFM intérim : définition et base légale

L’IFM est une mesure de protection contre la précarité. En contrepartie de l’absence de garantie de continuité de l’emploi, le salarié intérimaire reçoit une indemnisation financière spécifique en fin de contrat. Contrairement aux idées reçues, l’IFM n’est pas versée chaque mois mais à la fin de chaque mission, en même temps que le dernier salaire.

La base légale est l’article L1251-32 du Code du travail, complété par l’article L1251-19 pour l’indemnité de congés payés (ICCP).

Qui peut bénéficier de l’IFM ?

Contrats ouvrant droit à l’IFM

  • Contrats de mission classiques exécutés jusqu’à leur terme
  • Missions renouvelées ou prolongées, menées à terme
  • Missions dans la fonction publique (sous conditions depuis 2021)
  • Missions saisonnières ou d’usage, sauf disposition conventionnelle contraire

Exclusions légales

  • CDI intérimaire : le CDI-I offre une continuité d’emploi qui rend l’IFM sans objet
  • Contrats rompus pour faute grave ou lourde (vol, insubordination, abandon de poste caractérisé…)
  • Rupture anticipée à l’initiative de l’intérimaire
  • Rupture pour cas de force majeure
  • Contrats de mission-formation ou de complément de formation
  • Situations où le salarié accepte immédiatement un CDI dans l’entreprise utilisatrice à l’issue de la mission
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Comment calculer l’IFM en intérim ?

Formule de base

IFM = 10 % × rémunération brute totale perçue pendant la mission

La base de calcul inclut : salaire de base, heures supplémentaires majorées, primes (de panier, de nuit, d’insalubrité, de 13e mois…). L’ICCP (congés payés) n’est pas incluse dans la base — elle se calcule séparément et s’additionne après l’IFM.

Exemples de calcul (SMIC juin 2026 : 1 867,02 €)

Situation Rémunération brute IFM (10 %)
Mission 1 mois au SMIC 1 867,02 € 186,70 €
Mission 2 mois + 10h HS/mois + prime panier 100 €/mois ≈ 5 134 € ≈ 513,40 €
Mission 3 semaines, taux majoré 12 % 1 200 € 144 €

Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient une majoration jusqu’à 12 % (absence de perspective de CDI, secteur spécifique). Vérifiez toujours le texte applicable.

IFM et arrêt maladie : règles spécifiques

Le traitement de l’IFM en cas d’arrêt maladie dépend de la nature de l’absence :

Type d’arrêt Base de calcul IFM
Accident du travail (AT) ou maladie professionnelle (MP) IFM calculée sur la durée totale de la mission, y compris la période d’absence. Exemple : mission d’un mois avec AT après 1 semaine → IFM sur le mois entier.
Maladie ordinaire ou accident non professionnel IFM calculée uniquement sur la rémunération effectivement perçue pendant les jours travaillés. La période d’absence (couverte par la Sécu) est exclue de la base.

Cette distinction est prévue par la jurisprudence et les accords de branche. En cas d’AT/MP, l’agence d’intérim doit intégrer la période d’absence dans le calcul même si aucun salaire n’a été versé pour cette période.

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IFM et abandon de poste

L’abandon de poste (quitter la mission sans autorisation, sans justification et sans retour après mise en demeure) est assimilé à une rupture du contrat à l’initiative de l’intérimaire pour faute grave. Dans ce cas :

  • L’IFM n’est pas due
  • L’ICCP (indemnité de congés payés) reste néanmoins due au prorata des jours travaillés
  • L’agence peut engager des poursuites pour le préjudice subi si la rupture a causé un dommage à l’entreprise utilisatrice

Attention : une simple absence justifiée (maladie déclarée, urgence familiale notifiée à l’agence) ne constitue pas un abandon de poste. L’agence doit envoyer une mise en demeure de reprendre le travail avant de qualifier la situation.

IFM et refus de CDI : cas particuliers

La règle n’est pas aussi simple que « refus de CDI = perte d’IFM ». Voici la distinction exacte :

Situation IFM due ?
CDI immédiat proposé par l’entreprise utilisatrice, accepté Non
CDI proposé par l’entreprise utilisatrice, refusé Non
CDI proposé par une autre entreprise (pas l’utilisatrice) Oui
CDI proposé avec délai raisonnable après la mission (pas immédiat) Oui

IFM, congés payés et fiscalité

L’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP)

L’ICCP représente 10 % de (salaire brut + IFM). Elle s’ajoute à l’IFM sur le dernier bulletin de paie. Exemple : salaire brut 2 000 € + IFM 200 € → ICCP = 10 % × 2 200 € = 220 €.

Régime fiscal et social

L’IFM est traitée comme un salaire classique :

  • Soumise aux cotisations sociales (URSSAF, retraite, assurance maladie)
  • Soumise à la CSG/CRDS
  • Soumise au prélèvement à la source
  • Prise en compte pour le calcul de la retraite, du chômage (ARE) et des droits CPF

Que faire en cas de non-versement de l’IFM ?

  1. Vérifiez votre bulletin de paie final — l’IFM doit apparaître sur une ligne distincte
  2. Contactez l’agence d’intérim par écrit (email ou courrier recommandé avec AR)
  3. En l’absence de réponse : saisissez l’inspection du travail
  4. Engagez une procédure de conciliation aux prud’hommes (gratuit, obligatoire avant contentieux)
  5. En dernier recours : saisissez le conseil de prud’hommes pour paiement + dommages et intérêts
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Conservez tous les justificatifs (contrat de mission, bulletins de paie, courriers échangés).

IFM dans la fonction publique

Depuis le décret n° 2021-1061 du 9 août 2021, le recours à l’intérim dans les collectivités territoriales, hôpitaux et établissements publics est encadré. L’IFM reste applicable mais sous réserve des plafonds de rémunération fixés par l’administration. La durée maximale d’une mission est de 18 mois sauf exceptions (remplacement, accroissement temporaire d’activité).

Questions fréquentes sur l’IFM intérim

L’IFM est-elle versée tous les mois ou en fin de mission ?

L’IFM est versée en fin de chaque mission, avec le dernier salaire, sur le dernier bulletin de paie. Elle n’est pas versée chaque mois pendant la mission.

Comment calculer l’IFM et les congés payés (ICCP) ensemble ?

IFM = 10 % × salaire brut total de la mission. ICCP = 10 % × (salaire brut + IFM). Exemple sur 2 000 € brut : IFM = 200 €, ICCP = 10 % × 2 200 € = 220 €. Total perçu en fin de mission : 2 000 + 200 + 220 = 2 420 €.

L’arrêt maladie réduit-il l’IFM ?

Cela dépend. Un arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle n’impacte pas l’IFM (calculée sur la durée totale). Un arrêt pour maladie ordinaire réduit la base de calcul aux seuls jours effectivement travaillés et rémunérés.

Perd-on l’IFM en cas d’abandon de poste ?

Oui. L’abandon de poste est assimilé à une rupture pour faute grave. L’IFM n’est pas due. Seule l’ICCP reste acquise au prorata des jours travaillés.

L’IFM est-elle imposable ?

Oui. L’IFM est soumise aux cotisations sociales, à la CSG/CRDS et au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, comme tout salaire classique. Elle entre dans le calcul de l’ARE (chômage) et des droits retraite.

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