Le décret publié ce matin au Journal Officiel fixe le nouveau SMIC à 12,02€ de l’heure au 1er janvier 2026, soit 1 823,03€ bruts par mois pour un temps plein. Votre bulletin de janvier doit obligatoirement refléter cette hausse de 21,23€. Si ce n’est pas le cas, votre employeur commet une infraction passible de 1 500€ d’amende par salarié concerné. Voici comment vérifier en 3 minutes que vous êtes bien payé.
Le nouveau SMIC 2026 en chiffres
À partir du 1er janvier 2026, le SMIC horaire passe de 11,88€ à 12,02€, soit une hausse de 0,14€ par heure. Pour un temps plein (151,67 heures par mois), cela représente 1 823,03€ bruts mensuels, contre 1 801,80€ auparavant. Le SMIC net mensuel s’établit à environ 1 443,11€, soit 18,11€ de plus qu’en 2025.
Cette revalorisation de 1,18% s’applique automatiquement à tous les salariés du secteur privé : CDI, CDD, intérim, temps plein et temps partiel. Les apprentis touchent un pourcentage du SMIC selon leur âge et leur année de formation.
Les 3 lignes à vérifier sur votre bulletin de janvier
Ligne 1 : Le taux horaire Cherchez en haut de votre bulletin, section « Salaire de base ». Vous devez voir « Taux horaire : 12,02€ » minimum. Si le montant est inférieur et que vous êtes majeur avec plus de 6 mois d’ancienneté, votre employeur ne respecte pas la loi.
Ligne 2 : Le salaire de base mensuel Pour un temps plein, votre salaire de base doit atteindre minimum 1 823,03€ brut. Pour un temps partiel, calculez : nombre d’heures mensuelles × 12,02€. Exemple : 20h/semaine = 86,6h/mois × 12,02€ = 1 040,93€ minimum.
Ligne 3 : Les primes qui comptent Attention, toutes les primes ne comptent pas pour atteindre le SMIC. Comptent : primes d’objectifs, de productivité, heures supplémentaires. Ne comptent PAS : prime d’ancienneté, d’assiduité, 13ème mois ponctuel, remboursements de frais.
Exemple concret : Marie gagne 1 750€ de base + 80€ de prime d’ancienneté + 50€ de prime d’objectifs = 1 880€ total. Pour le SMIC, on compte seulement 1 750€ + 50€ = 1 800€. Elle est sous-payée de 23,03€ par mois, son employeur doit régulariser.
Que faire si vous êtes sous-payé ?
Étape 1 : Email amiable Envoyez un email à votre employeur mentionnant le décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025, votre taux actuel et l’écart constaté. Demandez la régularisation et le versement du rappel. Conservez une copie de cet email.
Étape 2 : Lettre recommandée (après 15 jours) Si aucune réponse, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Donnez un délai de 15 jours pour régulariser. Coût : environ 5-6€.
Étape 3 : Recours gratuits (après 30 jours) Saisissez l’Inspection du travail ou le Conseil de prud’hommes. Les deux recours sont totalement gratuits. Vous pouvez réclamer un rappel de salaire sur les 3 dernières années.
Vos droits sont protégés
Réclamer l’application du SMIC ne peut JAMAIS être un motif de licenciement. L’article L1132-1 du Code du travail protège les salariés qui demandent l’application de leurs droits légaux. Si votre employeur vous licencie après cette démarche, le licenciement sera considéré comme nul avec des indemnités majorées.
Votre employeur risque 1 500€ d’amende par salarié concerné (7 500€ pour une entreprise), plus le rappel de salaire avec intérêts légaux et d’éventuels dommages et intérêts. Vous avez 3 ans pour agir à partir du moment où vous découvrez le sous-paiement.


